Impressions de voyage

Impressions d’un premier voyage au Sénégal, avec l’association Verso


Paris, retour du Sénégal. J’affirme à mes proches que le choc culturel c’est le retour en Europe. Ils me prennent au sérieux.

voyage Albert


J’arrive d’un pays où la plupart des maisons n’ont pas l’eau courante. Simples parallélépipèdes en moellons apparents, elles semblent définitivement inachevées. Les moellons ont été coulés et séchés sur place ; leur faible teneur en ciment les fragilise et souvent l’érosion les attaque. Aucune vitre aux fenêtres : le sable, omniprésent, s’infiltre à l’intérieur.
On ne comprend rien à la vie des villages en les traversant pour la première fois. Les images vous assaillent et vous débordent : charrettes à cheval, femmes qui vont en stop à l’hôpital, incroyables ateliers de ferronnerie qui recyclent des matériaux de récupération, artisans sans outils électriques … Le tout dans un bric à brac permanent, inimaginable dans l’environnement européen. 

Dans un secteur  à l’écart des villes et du tourisme, participer à un séjour de Verso m’a permis de vivre chez l’habitant. J’ai pu connaitre des hommes des femmes et des enfants qui vivent là. Les cubes de moellons ont dévoilé la société qu’ils abritent, son quotidien et sa culture. J’ai rencontré des acteurs mobilisés sur des projets de développement.  J’ai pu apprécier les Sénégalais et leur ouverture décontractée.
L’attention des membres de Verso qui m’accompagnaient y est pour beaucoup. Mais j’y vois aussi le fruit de la philosophie de l’association. Voyages, échanges et rencontres solidaires.
Replongé dans l’environnement occidental, on se prend à scruter les visages des passants. On se demande ce qui les anime, ce qui est important dans leur existence – si proche de la nôtre. On ne revient pas tout à fait à la case départ.

Parole de Voyageur

Voyager de Dakar vers le nord authentique et sauvage.
Partager avec des femmes, des hommes la vie, les traditions du village ...
Réfléchir aussi à notre vie en France...
Rencontrer pour des actions solidaires des Sénégalaises, des Sénégalais qui souhaitent l'accès à la culture, à l'éducation pour leurs enfants .
Participer au travail de formation, de logistique du groupe VERSO dans le respect du rythme de vie, du vécu des habitants  de ce pays très  attachant .
Voici ce que je garderai de ce voyage riche de découvertes et de rencontres .

Cécile - Voyage du 23/01 au 08/02/2017

2017-Voyage-Cecile


Amandine, Dalila, Julie sont parties pour la première fois au Sénégal en novembre 2015. Après le plaisir des réunions de préparation du voyage et des missions de VERSO, ce sont les découvertes successives.



La chaleur, notre ami et chauffeur Adama, l’Espace Thialy à Dakar. Puis viennent les déplacements dans les embouteillages de la capitale et enfin la route pour le village de Ndiarème, tout là-bas au bord du fleuve. Elles nous livrent ici quelques-unes de leurs impressions suite à ce premier voyage solidaire.              

        
« 30 octobre 2015, c’est le grand départ ! « Mais qu’est-ce qui nous attend ? » Un dépaysement total : des baobabs, des ânes, du bissap, des pirogues, …
L’accueil de la population a été des plus chaleureux et a suscité une vague d’émotions. Le cœur sur la main, les valeurs dans le cœur,  bien loin des attentats et de notre société individualiste.
Nos amis aux grandes valeurs humaines  nous ont donné une belle leçon de vie.
Un voyage rythmé au quotidien par les rires, les danses, le Thieboudienne, la mosquée, la chaleur du soleil, les jeux autour d’un thé, …
Nous avons découvert un pays où les communautés pouvaient vivre en paix, où des valeurs brillaient, où la solidarité est un mode de vie, et l’ouverture d’esprit une conviction.
Le Sénégal nous a pris dans son filet. Maintenant la question qui subsiste est « Quand est-ce qu’on repart ? » Bercées dans l’avion à l’aller par le film « Le petit prince », cette citation qui en est extraite a pris tout son sens : « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. » »

FABRICATION D'UN BRULEUR A BOIS GUI.GUI 001.              

             Lors de mon dernier séjour au Sénégal j'ai été fortement impressionné par le « massacre » des arbres le long des routes et à l'intérieur des terres: on coupe les branches pour nourrir le bétail et on récupère ensuite le bois pour le bruler a des fins domestiques. La fabrication du charbon de bois est aussi un grave facteur de déforestation.
                De retour en France, j'ai parlé de ce problème avec une amie, Micheline Hoppé qui au cours d'un stage a construit un bruleur à bois et qui a permis ensuite sa diffusion  dans une école pour Malentendants au BURKINA FASO dans laquelle elle se rend régulièrement. Ces appareils équipent actuellement la cuisine de l'école qui prépare les repas de 200 élèves, et sont réalisés par les élèves et leur professeur de  l'atelier technique de l'établissement.
Fort de son expérience elle m'a convaincu du bien fondé de cet équipement pour l'Afrique Sub saharienne et m'a confié les plans du bruleur. Sur Internet j'ai enrichi ma recherche par un plan sensiblement identique sous le nom de Rocket Store.
                Après réflexion avec l'équipe constituant la mission  Verso 2015 à  N'DIAREM au Sénégal, il s'avéra qu'il fallait construire le bruleur sur place avec les matériaux des artisans du pays, et correspondant à une utilisation « familiale » de 8 à 10 personnes.
Sur place j'ai rencontré un métallier à DAGANA, proche de notre village d'accueil. Celui ci avait déjà réalisé un modèle proche du notre pour une ONG.
Nous sommes tombé rapidement d'accord sur le choix des matériaux, du temps de fabrication et de son coût : 15000 CFA.
Il nous fallait maintenant présenter le bruleur à la population du village, et notamment aux femmes  qui en sont les principales utilisatrices.
Nous avons donc contacté le groupe DEGO, groupement féminin, et la présentation a eu lieu dans la cour du secteur Petite enfance à une date qui convenait à tous.


PRESENTATION DU BRULEUR.

cuiseur-comparaison

     Nous avons opté pour établir une comparaison avec le matériel utilisé sur place, à savoir un trépied ou trois pierres au sol.
- Utilisation des mêmes ustensiles: casseroles, couvercles,
- Mettre le même volume d'eau à chauffer dans les casseroles:3 litres,
- Contrôler avec le chronomètre le temps de chauffe pour amener l'eau à ébullition,
- Fabriquer deux fagots de bois identiques, les peser: 1,2 kg chacun pour permettre ensuite la pesée du bois non brulé.  Cinquante femmes environ, en grandes et belles tenues, sont venues accompagnées de nombreux enfants assistants à la préparation par des danses et des démonstrations de lutte, le temps d'installer le bruleur d'une part, le trépied d'autre part et le matériel nécessaire à la démonstration.

cuiseur-2


DEROULEMENT DE LA DEMONSTRATION.


             Après explication sur le mode d'emploi du bruleur, le contrôle des fagots et du volume d'eau, deux femmes ont été choisies pour conduire les feux, et deux autres pour contrôler le temps de chauffe. Au top départ elles ont allumé leurs feux.

RESULTATS:
- Après 15 minutes l'eau bout dans la casserole sur le cuiseur à bois.
- Après 20 minutes l'eau bout dans la casserole sur le trépieds.
⁃    - A l'arrivée à ébullition de l'eau sur chaque ustensile de cuisson, nous avons retiré le bois non brulé, et avons repesé chaque reste de fagot.
⁃    
Bruleur: 0,200 kg de bois consommé,
Trépieds: 0,400 kg de bois consommé.


CONCLUSIONS:


Le bruleur économise 50°/° de bois, et le temps de chauffe est réduit de 5 minutes/3l d'eau.


REFLEXIONS DES FEMMES SUITE A LA DEMONSTRATION:


Les femmes sont venues toucher le bruleur pour sentir la température du corps de l'appareil et émettre des réflexions suite à son utilisation:
« Il reste de la chaleur dans le bruleur pour faire chauffer l'eau du thé »,
« On travaille à hauteur »,
« On utilise de plus petits morceaux de bois qu'avec le trépieds »

                Après la présentation nous nous sommes concertés pour savoir comment sensibiliser la population à l'utilisation du bruleur, et nous avons donc confié l'appareil au groupe DEGO afin que celui ci puisse « tourner » dans les familles désireuses d'en faire l'expérience durant une semaine. Les particuliers auront ensuite la possibilité d'en faire réaliser un par le métallier.


POINTS A AMELIORER:


Isolation: Nous avons utilisé de la cendre avec beaucoup de sable. L'isolation est bonne mais donne trop de poids. Il faudrait rechercher sur le pays un isolant plus efficace.
L'épaisseur du tube de brulage est trop fine, et donc moins solide dans le temps: il faudrait une épaisseur plus importante ou utiliser un acier réfractaire.


POUR LA PROCHAINE MISSION:


Je pense proposer des accessoires à adapter sur le GUI-GUI:
- un four pour le pain et la pâtisserie,
⁃    - Une grille,
⁃    - Un bruleur plus conséquent pour cuisine d'une assemblée plus importante.




                                                                            GEORGE Guy Mission 2015
                                                                               17 mars / 8 avril.